vendredi 6 avril 2012

ETHNIES DU LAOS

robin jeandel
ASIA PART III
ETHNIES DU LAOS

"Voyage dans le nord du Laos, au confins de la Chine et du Vietnam, entre chercheurs d'or et fumeurs d’opium"
 "Incursion au coeur des minorités ethniques"




De Nong Khiaw, bourgade en plein développement touristique (eh oui, ça va très vite au Laos, dans ce village, ils n'ont l' électricité que depuis peu, mais déjà les guesthouses poussent comme des champignons..), je décide de prendre un bateau pour remonter la rivière "Nam ou", afin de gagner quelques jours de pédalage et de profiter des montagnes.(un bon trip doit être de descendre cette rivière, qui traverse tout le nord Laos en kayak ou en barque, mais faut se dépêcher..). 
Le débarcadère de Nong Kiaw

Fin de journée sur sur la Nam Ou


Bref, il me faut attendre un jour pour trouver un bateau car ils ne partent que lorsqu'ils sont plein. Je pars donc, moi et mon vélo, sur une petite embarcation avec une dizaine de personnes, moitiés locaux, moitiés touristes, pour remonter sur 100 km cette belle rivière et arriver à Muang Khoua, non loin de la frontière vietnamienne. Croisière sans soucis en une grosse journée, beaucoup plus soft que celle que l'on avait faite, au combien épique, avec mes parents au Cambodge un mois auparavant.. 


Au fil de l'eau..

Moi et mon biclou en croisière!!

Le début est très beau, belle rivière  encaissée,  entourée de forêt et de villages, reliés entre eux uniquement par cette route fluviale. Sur la fin, c'est beaucoup moins classe, le cours d'eau est complètement dénaturé par les orpailleurs!! en effet, si parmi eux la majorité cherchent encore l'or à l'ancienne, d'autres  emploient les gros moyen : pelleteuses et machines dans le lit de la rivière. Cette ruée, est à priori assez récente, depuis le jour ou, selon la légende, une famille du coin aurait trouvée, par hasard, 2 kg de métal précieux!! Ici ce n'est donc pas le développement touristique mais économique qui est en plein boum, plusieurs routes et ponts sont en construction dans cette région, alors attention, le Laos change vite...

Orpailleuses à l'ancienne


Pont de bambou, traversant les rivières
Arrivé dans cet eldorado laotien, mon idée était de partir 3,4 jours, seul et à pied dans les villages environnants, pour ce faire, j'avais besoin de quelques renseignements,  sur  internet, j'étais tombé sur un mec qui parlait d'un guide nommé" Boun Ma" et qui avait l'air très bien, alors, à peine arrivé, je pars à ça recherche dans le bourg, je demande à droite à gauche, et on m'indique ça maison et c'est sans soucis que je le trouve. Je lui explique mon cas, mais il me dissuade de partir seul car les bleds environnants sont peu intéressants et trouver son chemin n'est pas évident.. Par contre, lui n'est disponible que le lendemain, dimanche, car il est instituteur (toujours bien ces instits..), alors après négociation, on trouve un accord, on part ensemble un jour, puis après m'avoir expliqué grossomerdo le chemin, il me laisserait continuer seul.


On se retrouve donc le lendemain matin, et on s'éloigne de 30 km de Mang Khoua avec sa mobilette sur une route puis une piste toute récente. De la commence la rando, on arrive une heure plus tard au premier village appartenant à la communauté "Iko" , et là, grosse claque!!! 

Le village est des plus misérables, ces habitants n'ont pour aussi dire, rien : 3 poules, un cochon et une cahutes en planche ou le mobilier ce réduit à 3 verres, 2 tabourets et 2 casseroles. Le sol est en terre battu ou poules, chiens et enfants se partagent l'espace. Les femmes  sont superbes, habillées de façon extravagantes, tuniques aux tissus colorés et chapeaux, pointus pour les mariées et ronds pour les autres, colliers, bracelets et autres bijoux complètent ces déguisements, et plus les femmes sont vielles, plus riches sont leurs ornements.. les hommes eux sont habillés de loques et les enfants sont la plupart du temps nus. 
On rentre dans une première maison, 2 hommes et une femmes sont présent. La femme est accroupie par terre devant le feu à même le sol ou grille des poussent de bambous, un des hommes, lui aussi par terre, fume bang sur bang (pipe à eau en bambous). A coté, le troisième, squelettique, est allongé sur une paillasse, visiblement très faible et malade toussant à s'arracher les poumons, devant lui tout le nécessaire pour fumer l'opium : pipes, coupelles diverses et lampe à huile.. Boun Ma discute avec le premier qui tire bouffé sur bouffé sur son bang, tandis que le fumeur d'opium, quand à lui parait trop malade et défoncé pour émettre un sons... On ressort comme on est entré, s'ensuit une petite ballade dans le village pour me remettre de mes émotions car j'hallucine pas mal.. 
Contact bon enfant avec les gens, ensuite, on nous invite à rentrer dans une autre baraque, ou le propriétaire des lieux, insiste pour boire l'alcool de riz, très gentil, fier de nous montrer son intérieur, ce qui est très vite fais, ensuite, c'est parti, pendant une heure on boit. L'alcool aidant, BounMa en profite pour me parler de ces peuples, c'est vraiment un bon gars, on sent qu'il aime ces gens et qu'il aime partager ces connaissances.


Petite parenthèse ici sur ce que BounMa m'a dit sur ces groupes ethniques qui  sont vraiment fascinant : ils sont tous différents de par leurs traditions et croyances très fortes, leurs dialectes, leurs modes vestimentaires.. Ils ne se mélangent pas entre eux, on peu de contact avec le monde extérieur, vivent des ressources de la forêt et cultivent le pavot (Le Laos est un des plus gros producteur au monde et ces communautés en sont complètement dépendantes) L'opium est profondément installé dans leurs cultures et il est omniprésent, un homme sur trois en consommerait!! Ils sont souvent semi nomade, c'est à dire qu'ils changent leur villages d'emplacement une fois les ressources (forêt ) aux alentours épuisées. Ils vivent loin de tout, jusqu'à plusieurs jour de marche, très pauvres et non pratiquement pas accès à l'éducation car peu d'école... et tant d'autre choses encore..

Bébé et femme IKO



 Bref, c'est un peu bourré et de bonne humeur que l'on quitte ce village pour un autre à 3heures de marche et de l'autre coté de la vallée. Ce village, malgré la proximité du précédant, appartient à une autre ethnie, les "Akha". Boun Ma dit que ça fait 2 ans qu'il n'est pas venu ici mais que rien n'a changé, il me laisse dans la maison ou je dois dormir ce soir, mais je vois bien qu'il n'a pas trop envie de me laisser seul pour les jours suivants, alors après maintes aller et retour et l'écriture de recommandations, il me dit qu'il a trouvé quelqu'un pour m'accompagner les deux prochains jours, il y aurait juste le dernier jour ou il me faudrais descendre dans la vallée seul. J'accepte volontiers car ce sera plus facile pour moi et ce n'est quand même pas évident de trouver son chemin parmi tous les sentiers. Il repart donc chez lui, et moi, j'ai toute la fin de l'après midi pour m'imprégner du lieu et de ses habitants, c'est dément.. 










J'observe les allés et venus, beaucoup de villageois viennent me voir par curiosité puis repartent à leurs occupations, j'ai tout le loisir de me balader et de m'en mettre plein la vue tant ces gens sont fascinants. Les femmes sont habillées différemment : moins de couleurs, jupe noir et sorte de coiffe sur la nuque relié par un bandeau sur le front avec bijoux en argents(vielles pieces de monnaie). Certaines ont des tuniques intégrales, jusqu'au mollets, ceux ci sont entouré de bandes de tissus, d'autres sont presque à poilent, les siens nus, mais toutes portent ces coiffes exubérantes. Le soir venu, c'est l'agitation, tous le monde revient de ces occupations du jours : ceux qui reviennent de la forêt, avec des hottes chargées de bois ou de bambous , ceux qui reviennent de la chasse avec des longs fusils style mousquet, et porc épic ou autres mammifères sur l'épaule et ceux qui reviennent des champs avec bêches et plantes en tous genres. Ils y a aussi les enfants de corvées d'eau (une seul fontaine pour tout le village) qui défilent avec leur bidons et bouteilles, le tout sous les aboiements des chiens et le bordel des poules et cochons.





Viens le moment du repas, on m'apporte du riz gluant, soupe de pousse de bambous et plante de la forêt en guise de salade, mais je dois manger seul, alors, ils sont une dizaines à me regarder manger!! suis un peu mal à l'aise, mais bon je n'ai pas trop le choix.. mon repas terminé, c'est à leur tour, puis alcool de riz en guise de dessert pour tout le monde.  Pendant ce temps c'est un peu le bordel partout, au moins la moitié du bled va et vient dans la baraque, les gosses sont excités, les jeunes discutent fort et les adultes gueules..  Puis tout le monde part, je reste juste avec le chef de la maison et quelques hommes, c'est l'heure de la veillée et de l'opium partie!! un truc de fou, chacun se couche plus ou moins sur les paillasses et se prépart sa petite mixture, le plus naturellement possible, ils m'invitent à ce joindre à eux et j'observe donc le processus. 



L'opium se présente sous forme de poudres blanchâtres, qui est tout d'abord finement broyé à l'aide d'un petit mortier. Elle est ensuite mélangée à une sorte de résine (elle aussi issus du pavot) qui est chauffée doucement à la flamme pour former une pâte, cette ci est ensuite malaxée pour en faire une boulette. Cette boulette est fixée sur un petit trou d'un tube de bambou, avec une tige fine, elle est percée afin de pouvoir aspirer au travers, ensuite il suffit de la passer sur la flamme, de boucher l'extrémité du tube, et de tirer des bouffées... Tout ceci à la lumière des petites lampes à huiles et les paroles posées de ces hommes. Il règnent vraiment une atmosphère spéciale, une ambiance mystique de nuit des temps. Cette cérémonie dure jusqu'au milieu de la nuit, j'ai l'impression d' être dans un bon bouquin et je m'endors bien avant eux, la tête enfumée, l'esprit satisfait et sans rêves, car aujourd'hui, je les ai déjà fais mais les yeux ouverts et en plein jour!!!



Les femmes tissent elles mêmes leurs vêtements..

Village AKHA



On moud le riz a 6heure du mat

Réveil au levé du jour, sous les cocoricos des coqs et les aboiements, le village est sous la brume, petit déj, toujours seul avec les restes de la vielles et je pars à la rencontre de mon guide du jour que je n'ai pas encore vu, je rentre dans sa bicoque à l'autre bout du bled, il est là, allongé entrain de tiré sur sa pipe d'opium, il est 7heures du mat!! ça va la journée ne risque pas d'être trop violente... Je m'assois à coté de lui et fini ma nuit, on décolle tranquillement une  heure plus tard et on marche à travers la forêt, pendant ce temps You Heu, épais comme un pied de micro, au rire communicatif, me parle, mais c'est seulement avec moultes gestes et mimiques que l'on se comprend car il ne parle pas un mot d'anglais. Par exemple, chemin faisant, on traverse l'endroit de leur ancien village et je comprend qu'ils l'ont abandonnés il y a 3 ans après avoir exploité toutes les ressources alentours.

Montagnes Laotiennes


Rats séchés, bon appétit!!
 Plus loin on arrive au village ou l'on s'arrête pour manger, il appartient à la même communauté "Akha" et ressemble donc au précédant, on s'installe chez ces potes. Riz gluant, bambous grillé et un peu de viandes, ces fameux rongeurs séchés non identifiés mais qui se laissent manger, compose le repas. Ensuite viens la traditionnelle pose (bang de tabac, cigarette roulé dans des feuilles de mais pour les uns et opium pour les autres) qui dure trois bonnes heures et me laisse le temps de visiter le village et d'écouter le chant des enfants qui provient de l'école voisine.



Bang de tabac


 Puis, on reprend la route, d'abord par des cultures, il me montre de loin des parcelles de pavots, puis par une belle rando escarpée toute en monté et descente raide, avec même un petit bain en rivière, on arrive en fin d'après midi chez les "Khamu" ou l'on va passer la nuit. 
Autres ethnies, autres styles : maison sur pilotis, beaucoup plus propre et entretenu, petit village entouré de palissades ou les animaux restent en théorie à l'extérieur, et ou les cochons sont remplacés par les buffles. Les gens sont plus calme que leur  voisin Akha, lieu bien paisible quoi, mais moins d'identités vestimentaire, les femmes portent juste un turban coloré sur la tête. Cette fois, après l'apéro à l'alcool de riz, je mange avec la famille, sauf la grand mère qui mange à part, et ce soir c'est riz et plantes diverse très bonnes comme d'habitude, accompagnés d'autres plats dont je ne distingue pas le contenu car la lampe à huile n'est pas assez forte, mais ça craque sous la dent et c'est très épicée.. 
S'ensuit une veillée tranquille avec cette famille honorable, ou l'ancienne, la tamalou, me demande un remède pour ces rhumatismes, je comprend qu'elle a mal partout car elle me montre à peu prés tous les endroits de son corps en faisant la grimace, n'ayant que des dolipranes avec moi, je lui en donne un peu, elle parait satisfaite et cache les précieux médicaments dans les plis de sa robe. Ce soir, seul You Heu fume l'opium pendant plusieurs heures à coté de moi. La nuit fut reposante et on se lève encore au lever du jour, déjeuner avec les restes de la veille, ou maintenant je vois ce que j'ai mangé hier soir, petits crabes, poissons et d'autre choses méconnaissables, mais ce matin, le riz me suffira!!

La Tamalou


 J'attends encore longtemps que mon ami termine sa séance d'opium, pour repartir en emportant du riz et un peu de poissons, délicatement préparés et enroulés dans des feuilles de bananier par la petite vieille, pour le repas de midi. En effet, aujourd'hui pas de village intermédiaire, on mangera sous un petit abri au milieu d'une forêt calciné par les brûlis.   En milieu d'après midi, on arrive dans un gros village, plus riche, toujours de l'éthnie Khamu, avec école, groupe électrogène, quelques scooters, quelques maisons en dures, un peu plus de tôle et de plastique quoi, normal un gros sentier ou il est possible de rouler en moto arrive jusqu'ici. You Heu, après m'avoir présenté à mes hôtes du jour et montrer le chemin pour le lendemain me laisse donc ici et part je ne sais ou. La fin de journée se passe tranquillement au village.

La fontaine, lieu central du village..

Mais avant le repas, une véritable délégation de femmes, au moins quatre, vient me voir pour me demander des médicaments, je regrette alors de ne pas avoir apporté ma pharmacie complète, car je me la trimballe depuis le début et ici elle aurait bien servit, car pour moi je n'en ai pas encore eu besoin. Je n'ai que des dolipranes à leurs donner, je partage le peu de comprimé que j'ai équitablement, mais voila qu'elles s'énervent et quelles se disputent entre elles, genres moi j'en ai plus besoin que toi... bref, tout le village rapplique. D'autres pendant ce temps voient que j'ai des autres pilules dans ma petite trousse, mais c'est des micropures pour purifier l'eau, ils m'en demandes aussi, sans savoir ce que c'est, mais vas leur expliquer... bref, un petit bordel s'installe, tous le monde parle en même temps et personne ne comprend l'autre!! mais moi au fond, je me marre, suis au milieu de ces gens, seul, perdu au fin fond de l'asie, je ne sais ou,  mais bien content de mon aventure..



La suite ressemble aux autres soirées sauf que cette fois, personne ne fume d'opium!!! Le lendemain, après avoir dormi un peu plus que les autres nuits, il ne me reste plus qu'à suivre le sentier principal qui traverse beaucoup de culture, de friche et de forêt cramée. En 4 heures il me conduit dans le dernier village, au fond de la vallée et à la route ou j'attends Boun Ma qui m'avait donné rendez vous.
Sur le chemin du retour, il me dit que sa femme est très malade depuis 2 jours, en effet en arrivant chez lui, elle a vraiment mauvaise mine, il m'explique qu'elle a mal au ventre, diarrhée et vomissement.. je ne sais pas trop quoi faire, je lui donne du paracétamol et des antibiotiques mais mes connaissances en médecine s'arrêtent malheureusement la... Avant de partir et de reprendre mes affaires, je discute encore avec Boun Ma, un chouette type que je recommande, qui m'a apprit beaucoup de choses, dommage de ne pas avoir pu faire toute la randos avec lui. Ensuite, je retourne dans ma guesthouse minable mais qui sur le coup me parait bien luxueuse.






Cette expérience, seul, dans ces villages du bout du monde, hors du temps, a été extraordinaire. J'avais déjà eu ce genres d'aventures, au Yémen, au Vénézuela, en Guinée ou encore au Népal mais celle ci fut sûrement encore plus forte et fascinante.

Voila, je suis heureux de l'aventure que je viens de vivre même si je n'ai pas été dans les endroits les plus reculés. Ces 4 jours m'ont fait voir des véritables leçons de vies, ou milles autres questions on germées dans ma petite cervelle. Car observer ces modes de vie, complètement opposés aux nôtres, ne laissent pas indifférents.
C'est à la fois bon de savoir que des gens vivent encore coupés du reste du monde, comme à la nuit des temps, mais c'est aussi très dur de voir dans quels conditions misérables ils vivent.
 Je n'ai fait que observer, le plus discrètement possible, ces rencontres ne sont pas toujours facile, c'est assez dur moralement, surtout seul, mais tellement riche d'enseignements que ça vaut la peine d'être vécues.. (ça remet bien les idées en place et permet de relativiser!!)
 Je remercie encore Boun Ma qui m'a bien facilité la tache et qui m'a emmené dans des villages, qui sont bien loin du folklore pour touristes.




Chez les IKO


Dans le même genre de trip mais en plus sérieux et pour ceux que ça intéresse jeter un oeil sur les récits, qui se passent dans la même région, de ce gars,  complètement hallucinant  ICI 




jeudi 5 avril 2012

LAOS A VELO



ASIA PART II
LAOS A VELO
"ou comment pédaler dans un beau petit pays"




Après avoir  traversé le mythique Mékong sur "le pont de l'amitié", seul sur ma bicyclette, me voila au Laos, pays qui m'a toujours attiré, sais pas il y a des noms comme ça.. et bien je ne vais pas être déçus!!


D'abord Vientiane, la capitale, quelques km derrière la frontière, qui ne ressemble pas du tout à une capitale asiatique!! mais plutôt à une petite ville paisible à taille humaine, rien à voir avec les villes voisines de la Thailande, immenses.. déjà un bon point, c'est relax et tranquille, belle ville, tant mieux car je dois y rester quelques jours le temps de faire mon visas chinois, et oui il faut anticiper ces paperasses, et c'est très chiant, c'est parfois compliqué, surtout quand on voyage en individuel et par voie terrestre (ils préfèrent évidement les touristes classiques : qui arrivent en avion, restent 15 jours, crachent leurs tunes et repartent d'où ils viennent). Par exemple, pour la chine une multitude de documents et demandés : attestation d'assurance rapatriement, billet d'avion , réservation d'hôtel, contrat de travail et questionnaire de 4 pages!!!...donc obliger de magouiller un peu, acheter un billet d'avion et l'annuler ensuite (des agences le font sans trop poser de questions..)idem pour les hôtels, pour le reste j'avais prévu d'avance et le questionnaire ben.. j'ai mis un peu nimp!! et ça passe.. bref tous ça pour dire que ça ressemble à rien leurs procédures, c'est juste pour faire chier, et puis merde quoi, à quand un monde sans frontières??


Heure de la sieste à Vientiane


Statues du wat Sisophon


Lao beer
Après cette interlude administrative j'enfourche mon biclou, direction plein nord pour rallier Luang Prabang, cinq jours me sont nécessaires pour parcourir juste 400 km. Les deux premiers jours ne sont pas des plus charmants, route complètement défoncée et beaucoup de circulation, heureusement j'ai aussi pris des petites variantes sur pistes . Le deuxième soir, quand j'arrive Viang vieng, je m'attend à une ville comme les autres mais la, surprise : plus de touristes que de Laotien!! affalés dans les bars à regarder la tv et à boire des bières ou dans la rue complètement excités.. ambiance bizarre, j'apprends après coup que c'est un lieu hyper touristique ou on peut faire des pseudo "sportaventurextreme" et surtout trouver de l'herbe et ce défoncer pour pas cher.. Car depuis que je suis en Asie, je n'ai pas de guides papiers, juste eu des bouts du Routard pour Vientiane et LuangPrabang, pour le reste je me démerde sur internet et c'est très bien comme ça, si ça peut m'éviter ce genres d'endroits.. mais bon, qu'ils restent ici, ils seront moins nombreux ailleurs!!!


Petit moment de galère ou je bouffe de la poussière,
 mais heureusement, c'est pas tout les jours comme ça!!






Sourires sur la route


Ça va commencer à grimper !!


Ensuite, ça grimpe sévère!! des cols de fou à passer, dignes des cols alpins!! En effet c'est hyper montagneux, fais du bien de retrouver du relief et un peu de fraîcheur, par contre la nébulosité n'est pas extra, l'humidité ambiante et la fumée des cultures sur brûlis (c'est l'époque ou il pleut des cendres..) crées une sorte de brouillard permanent et on ne voit donc pas à l'infini.. mais c'est quand même très joli, et plus j'avance plus les villages et villageois sont beaux et pittoresques, c'est un plaisir de rouler ici.




Le jour avant d'arriver, je croise en haut d'un col, une famille de randonneurs en vélo!! et français en plus : Coralie, Olivier et Luna, leurs petite fille de 6ans, qu'Olivier tire dans une chariote!! biens courageux et super sympas mais ils vont dans l'autre sens, dommage.. une belle démonstration comme quoi, tout est possible en vélo!!


Une famille de rouleurs !!



 J'arrive donc à Luang Prabang : la magnifique, ou je reste un peu pour me balader, me reposer, préparer la suite de mon voyage et faire cette fois, le visas vietnamien.. et  la whaou!! c'est le coup de coeur, cette ville historique est splendide, une multitudes de temples, de belles maison (pas de bâtiment moderne..), entourer de fleuves, le tout avec une vie locale, moines et habitants, haute en couleur.. une splendeur, reconnus à juste titre par l'unesco comme patrimoine mondial, d'où beaucoup de touristes mais bon ça va, je n'en avais pas vu beaucoup depuis quelques temps!!



Promenade du soir..
Coucher de soleil qui dure longtemps ici..
Non sans déconner, cette cité m'a bien plut, il s'en dégage une sérénité un peu mystique, avec les bonzes qui se baladent, les beaux temples d' ou le chant des moines retentit , très zen, et c'est un plaisir de flâner au hazard des rues, en plus j'ai logé dans une petite guesthouse, en fait dans une famille qui loue quelques chambres : il faut traverser la cuisine pour aller au toilette et on est réveillé par les enfants qui braillent, mais c'est très sympa!! ce genre de logement est très courant par ici :  plus proche du logement chez l'habitant que les hôtels sans caractères et on discute un peu avec la famille!!



Moines bonzes, indissociables du paysage Laotien..




Une multitudes de temples jalonnent la ville



Satisfais et le visas vietnamien en poche, direction la région de Phongsali en vélo, je croise encore un vélo voyageurs (c'est un peu une petite famille, dés que l'on voit un compatriote, on s'arrête et on échange, on ne fais pas trop ça avec les autres!!) David, qui est parti de Chamonix il y a 11 mois, pas un petit joueurs quoi!! on discute et je prend des renseignements car il a fait une parti du parcours chinois que j'envisage, son blog, bien sympa ici: http://71degresnord.canalblog.com/ . Mais la encore , on ne fait que se croiser!!




La route ici est agréable, peu de circulation et les habitants sont fantastiques, c'est vraiment sympa d'avoir le temps de voir toutes les scènes de vie possibles et inimaginables qui se déroule au bord et sur la route : comme cette femme qui plume une poule, lui qui fait ça toilette dans la fontaine, celle ci concentrée sur son métier à tisser, cette centenaire assise sur le pas de la porte les yeux dans le vague, celui la qui bricole une mob, ce petit tout nu qui te fait coucou, ces femmes qui font des galettes, cette homme qui ne fait rien juste regarder la route, elle sur son vélo se protégeant du soleil avec un parapluie, ce moine qui traverse la route le sourire jusqu'aux oreilles, l'ancien qui étale son blé pour le faire sécher, cette fille qui attend derrière son bouiboui, ceux la qui jouent au dame, les gamins qui rentrent en vélo de l'école, elle qui jardine, eux à 4sur un scouteur, lui qui promène ses buffles, etc...




































Et spécial dédicace aux enfants, dieu sait qu'ils sont nombreux ici, car ils sont vraiment top, toujours en train de ce marrer, quand tu rentres dans un village, tu entends des petits "sabaidee" (le bonjour laotien que je dois répéter environ 2000 fois par jour!!) aiguë dans tout les coins!! toi tu ne les vois pas mais eux ton repérés depuis belles lurettes, souvent ils accourent vers toi, tendent la main et tu dois leur frapper, alors quand je passe pendant la sortie de l'école, ils se mettent tous en long, et je claque ces dizaines de mains,un peu comme arriver au sommet du galibier sur le tour de France quoi!!











De la bouffe en veux tu en voila 
mais ça c'est en ville!!  


Une petite parenthèse aussi sur la nourriture, plus je m'enfonce, plus elle est extravagante, je mange tous les jours dans les bouibouis ou gargote le long de la route, souvent ils n'y a que du riz gluant (plat national) ou des soupes de noodle de disponibles, alors j'en ai un peu ma claque, certaine sont pas terrible, on y trouve surtout des trucs bizarres, pied de poule, tentacule de je ne sais quoi, boulette de viande très bof.. et encore c'est rien, j'ai eu l'occasion de voir des étalages de grenouilles grillées, de sauterelles, de rongeurs en tous genres (genre rat musqué, porc épic!!),et pas mal de trucs non identifiés!! souvent je me contente alors de riz, le matin en galette, le midi riz gluant et le soir riz frit !!!




Voila, ces petites choses propres au voyage à bicyclette, on se sent plus proche des gens, on prend le temps et on est libre, souvent on m'encourage, on vient me voir, on me sourit, ça fait du bien quoi!! et je me sens mieux maintenant, car c'est vrai que mes débuts en asie avais été un peu rude et je n'ai jamais trop su pourquoi d'ailleurs, sûrement un petit temps d'adaptation, histoire de se mettre dans le bains!!!


L'état du bike après avoir roulé
 quelques jours, et ...


l'état du gars!!





vendredi 16 mars 2012

THAILANDE / CAMBODGE

ASIE DU SUD EST : Part 1


THAILANDE / CAMBODGE




Après la fin de mon trip en Nouvelle Zélande un peu cahotique, j'arrive enfin en Asie et plus exactement à Bangkok. Je ne vais pas m'étaler sur cette immense ville qui m'a peu inspiré (j'ai presque pas pris de photos..) sûrement due au fait que ça faisait bientôt 15 jours que je vivais dans des grandes cités et à vrai dire j'en avais un peu ma claque!!!
Je me suis donc plutôt concentré sur l'achat de mon vélo : trois jours à arpenter Bangkok en tous sens.. D'ailleurs en passant je remercie Peter (pas très thaï comme nom mais bon!!) un ancien qui ma accosté le premier jour et qui voulait absolument parler avec moi le français.Voila comment je me retrouve avec lui pendant 2 jours à faire tous les magasins de vélo de Bangkok, super gentils, il m'a bien aidé à trouver mon chemin dans tous ces quartiers et tous ces différents transports, et m'a beaucoup parlé de son pays qui m'était complètement étranger. Par contre vu son âge avancé il ne marchait pas plus vite qu'un escargot... bref, j'ai pris sur moi!!!

Ce shopping a eu au moins l'avantage de me faire découvrir plusieurs endroits différent de Bangkok, notamment le quartier chinois et ses marchés ou je me suis fais bien plaisir coté gastronomie, un régal. Sinon je dormais dans le quartier touristique, connus des voyageurs du monde entiers pour ses tongs, ses massages et ses excès en tout genres, très bof bof quoi..

Donc, j'ai quand même réussis à trouver une bicyclette correct, pas si facile que ça, mais par contre très peu de choix du coté des accessoires et sacoches, mais on va faire avec, après un peu de bricolage, mon vélo est harnaché et je peu enfin partir.




J'ai tout juste une semaine pour rejoindre mes parents au Cambodge. Pas assez de temps pour partir de Bangkok, de toute façon, ça a l'air très chaud, déjà en ville c'est tendu, alors sur les voies rapides!!! Donc, grosse organisation, traverser Bangkok en vélo pour rejoindre la gare (déjà pas évident, t'ain de circulation, grosse sueur à 8h00 du mat), de là, prendre un train en direction du Cambodge (regrosse sueurs pour monter mon vélo et tout mon bordel dans un wagon déjà plein!!) sur une centaine de km afin de m'éloigner un peu de cette mégalopole.


Je me suis bien marré quoi, c'est pas tous les jours faciles, en plus il fait vraiment une chaleur étouffante, même la nuit, paramètre que je n'avais pas pris en compte du tout !! Il y a juste 2 seuls moments ou il fait bon dans une journée : quand on rentre dans un Eleven (les monoprix locaux) climatisés à mort pour acheter sa bouteille d'eau et quand on sort de la douche et que l'on se met encore mouillé devant le ventilateur de la chambre...

Merci !!

Croisement d'un bovin et d'un lapin :
pauvre lapin...




Voilou, donc après bien des déboires, j'enfourche enfin ma monture pour sillonner les routes asiatique. Malgré la chaleur torride (les canicules de chez nous, à cotés c'est de la rigolade), la circulation assez dense et le mal aux fesses, je trouve quand même mon bonheur en roulant. Liberté d'aller et de s'arrêter quand on veut. Enfin presque, j'avais repéré par exemple une petite route sur ma carte qui avait l'air sympa mais au bout d'une vingtaine de kilomètres, un flic m'arrête et me dit qu'il ne faut pas que j'aille plus loin!!! je ne comprend pas tout ce qu'il me raconte mais bref je n'insiste pas et fait donc demi tour, 40 bornes pour rien, je suis vert, et me tape donc une route pas terrible. Mais je sais que ce n'ai pas la plus belle région pour pédaler mais je m'en fous, les sourires et les encouragements des thaïes me font oublier tous ces désagréments. 







Parfois c'est beau comme ça : belles rizières...

mais le plus souvent, c'est plutôt brûlé, fin de saison sèche : vivement la mousson!!

Le matin ou je dois traverser la frontière pour le Cambodge, je rencontre deux vélo voyageurs (les premiers blancs bec depuis 4 jours) : Radka et Jonny qui ont déjà bien roulés leur bosses puisqu'ils sont partis d'Europe il y a 9 mois ( http://cycleabike.com/ ). Bien cool de trouver des compatriotes, fais du bien de trouver des gens qui partagent les mêmes perceptions du voyages que moi, car c'est (trop) rares. On passes la frontière ensembles puis deux jours à pédaler, à manger les bons plats cambodgiens et à parler (en anglais si si!!), ils me donnent de bon conseil et ont passes de bons moments mais c'est déjà l'heure de se quitter, eux vont vers le nord direction le Vietnam et moi je continue vers le sud pour retrouver mes chers parents...


Frontière Thaïlande/Cambodge avec ma belle bicyclette


Radka, Jonny et les petits Cambodgiens..






J'ai donc retrouvé mes super parents à la gare routière de Battambang, marrant de les voir débarquer, à l'autre bout du monde.. S'ensuit une journée de visite du coin très belle en touktouk cette fois, pour moi une première, ben c'est moins physique que le vélo!! Le lendemain, on décide de partir pour SiempReap et les temples d'Angkor mais en bateau.. Grosse journée : 11heures sur un rafiot peu confortable et plein à craquer, avec une seul pause, mais plusieurs pannes et plusieurs accrochages, ma maman s'en souviendra!! Bref, une croisière folklorique mais néanmoins sympa car elle nous a permit de voir l'activité qui règne sur cette rivière(la Phum bak prea) et cet immense lac (le Boeng Tonlesap) du centre cambodgien : pécheurs et villages flottants incroyables (le fleuve étant la seule ressource et la seule voie de communication de beaucoup de village : plus de motos ici mais des petits bateaux!!)


Bernard et Viviane en touktouk!!



Scène de vie sur la rivière





Tous le monde en barque..

Village flottant le long du fleuve


S'ensuit quelques jours dans les environs d'Angkor (qui vaut vraiment le détour..) ou l'on passe notre temps à la visite de temples magnifiques, à manger et à se relaxer, mes parents prennent bien soins de moi et ça me fais grand bien. Mais après ces bons moments (c'est très plaisant de se retrouver en famille et de raconter quelques conneries!!) il est déjà temps pour moi de les quitter et de remonter sur la Laos si je ne veux pas être rattrapé par la mousson..



Les explorateurs..

Belles lumières sur les visages sculptés de Bouddhas

Moines bonze devant le sublime temple de Bayon


Les gardiens du temple : vivi et bibi
Stupas
Angkor un temple... ahah!!


Je remonte sur ma monture pour gagner, au nord, la frontière Thaïlandaise, plus de trois jours à rouler dans des conditions difficiles : la chaleur est toujours à la limite du supportable et je plonge dans le Cambodge profond. Assez surprenant, à un jour de vélo de l'utra touristique Siem Reap ou les hôtels et les restaurants sont les uns sur les autres, je me retrouve dés le premier soir dans une petite ville, la seul, à 50 km à la ronde, sans trouver un endroit pour dormir, ah si une baraque sous des tôles qui fait office d'hôtel... dur dur, des matelas crades à même le sol, un petit jet d'eau pour se laver et des cafards un peu partout. Les jours suivants ne seront pas mieux, hôtels miteux, villages et paysages sans intérêts le long de l'unique route (quelques baraquements entourés de forêts cramée..) Cette région est peu accueillante, et je me demande souvent ce que je fais ici!!






Mines anti personnels : vestiges de
 la guerre encore bien présents,
 ne pas se balader partout, j'ai vu des
 démineurs en actions le long des routes !!

Pour l'instant, mon voyage à vélo est assez difficiles : chaleur vraiment éprouvante qui me fatigue énormément, du coup quand je trouve une chambre après ma journée de vélo, vers 15h, je me repose et ne fais plus rien de la journée (j'aime pas trop beaucoup ça!!), j'ai un peu l'impression de ne pas en profiter. Heureusement, les gens sont adorablent mais pas forcements acceuillant comme je me l'imaginais (j'ai essayé de partager et de me faire inviter mais la barrière de la langue et la crainte réciproque empêche d'avoir de vrais échanges..) Le regard des locaux ici est aussi parfois difficile à supporter seul et met un peu mal à l'aise : je suis vraiment comme un étranger ici et je ne passe vraiment pas inaperçu!!! J'ai trouvé aussi que trop peu de route agréable, la plupart sont des grands axes (on est loin de la piste cyclable du bourget!!) ou des pistes défoncées que je ne peux emprunter vu le chargement de mon vélo... De plus, l'environnement n'est pas des plus accueillant : forêt exploitées à fond, poussières, dépôts d'ordures ou champs cramoisis par le soleil (les seuls fois ou je m'arrête c'est pour boire ou manger dans les bouibouis le long des routes, on oublie les siestes tranquilles dans l'herbe à l'ombre!! )



Les fameux bouibouis, il y en a partout, ou je mange et je bois..



Heureusement, la roue tourne, et une fois traverser de nouveau la frontière en Thaïlande, le moral revient, je suis plus en forme et c'est moins pénible, la patate quoi... En quelques jours (j'ai pris un peu le train..) j'arrive à Nong Khai, ville paisible au bord du Mékong, d'où je m' apprête à rentrer au Laos. Un peu de touriste occidental par ici (enfin pour les 3/4 ce sont des porcs avec de belles filles thaïes, bizarre, c'est jamais l'inverse!!) beurk...
C'est con, l'endroit et pas mal, notamment le parc des sculptures de Sala Kaew Ku, réalisé par un artiste laotien : Luang Poo, un délire de bouddhas, de shiva et autres divinités hindoues et bouddhiques gigantesque..
C'est aussi le principal poste frontalier du Laos via le "pont de l'amitié" qui enjambe le Mékong et que j'emprunte demain pour me rendre à Vientiane, capitale du Laos. De la un peu de paperasserie à faire ( visas chinois et vietnamien, et m'occuper de ma satanée carte bleu qui ne marche toujours pas, crédit arboricole de merde...), puis je pédale jusqu’à Hanoï ...


Le mythique Mékong, bien content de le voir celui là... avec un des rares pont qui le traverse : le pont de l'amitié.



Les oeuvres de Luang Poo


et à bientôt pour de nouvelles aventures...